Corsica Catolica

Corsica Libera change et ne change pas

18 Avril 2020, 21:25pm

Ce mouvement politique n’a pas cessé de nous étonner. Jusqu’à présent, après avoir prôné la liberté, il la demandait encore, mais assortie d’une condition : l’inscription de la Corse dans la constitution ; autrement dit la Corse libre mais solidement arrimée à la République. Un certain article permettait cette performance. Autrement dit, la liberté du valet de faire ce que voulait son maître. Car il est bien entendu que la liberté véritable n’est pas celle de faire ce que bon nous semble, mais ce que nous dicte le devoir

Mais il semble que la formule ne fasse plus recette, et que les électeurs commencent a renâcler. Il fallait donc changer la formule ; c’est chose faite. Corsica Libera demande maintenant la liberté pure et simple pour la Corse , autrement dit la pleine souveraineté. Voilà qui parait clair. Hélas ! La contradiction n’a pas disparu ; elle a simplement changé de nature. Il faut maintenant « réfléchir à une révolution de l’économie Corse ». Nous y voilà : tout est question d’économie. Changer l’économie touristique, « qui entraînera la bonne santé du bâtiment". Et « l’auto-suffisance » de l’île. Ne cherchons pas trop à définir ce que peut-être une « auto-suffisance », et comment elle s’oppose à une « hétéro-suffisance ». L’idée fondamentale est claire : quand la Corse se suffira à elle-même, elle sera en mesure de rejeter la domination française. C’est vrai. Il n’y a rien de plus vrai. L’Autonomie économique est la condition de la liberté politique. C’est vrai, et pourtant trompeur : nous pouvons en effet imagine une économie florissante avec n’importe qu’elle population. Laissons entrer un million de Chinois dans l’île ; il est sûr que les affaires marcheront infiniment mieux que si c’étaient des Corses. Voilà qui ne pose pas de problème à Corsica Libera. Elle ne voit que l’ « homo economicus » ; elle ignore superbement ce qu’est un peuple, une nation, une histoire, une identité ; elle confond la condition et la cause ; car, si la condition est l’indépendance économique, la cause est la volonté d’un peuple agonisant qui ne veut pas mourir. De cela Corsica Libera n’en a cure ! Périsse notre peuple, pourvu que les affaires marchent ! Ce n’est guère mieux que ce que propose la parti rival et néanmoins complice. C’est triste.  Nous proposons à tous cette pensée de Tchibaou, auquel ils ont l’impudence de se comparer, que Corsica Catolica fait sienne : « Il est peut-être dur de mourir, mais il est plus dur encore de rester vivant en voyant mourir son pays. » Nos « nationalistes »sont heureux ; ils ont remporté les dernières élections, et vont faire entendre la voix de la France à la Corse : les députés sont faits pour ça. En somme rien n’est perdu, Fors l’honneur .

Bravo !

 

Lucien Antoni

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